Les maladies du rosier

La tache noire, l’oïdium ou la rouille sont les maladies banales du rosier. Fort heureusement, elles sont rarement fatales.

Il résulte souvent de ces attaques un développement limité et un esthétisme altéré. Je ne saurais trop vous conseiller « la prévention » comme mot d’ordre.

Votre action préventive doit s’effectuer à plusieurs niveaux : choix de la variété, exposition et « potions magiques » à base de plantes.

Avant toute chose, il y a en termes de soins un grand principe à respecter :

Lorsque vous pulvérisez une bouillie ou une décoction de plantes, faites-le uniquement le matin ou le soir. En pleine journée, vous risqueriez de littéralement brûler le feuillage de vos rosiers.

Autre règle d'or (particulièrement si vous habitez comme nous en région humide), choisir des variétés résistantes aux maladies. Sur le site Internet « Auprès des roses », les caractéristiques de résistance aux maladies sont détaillées pour chaque rosier et nous avons pris soin de sélectionner nos rosiers en fonction de leur résistance aux maladies.

Dernier point, c'est souvent pour le côté esthétique du rosier que nous intervenons. Pour cette raison, si en fin de saison votre rosier tombe malade, il n’est pas nécessaire de sortir toute l’artillerie. Un simple nettoyage pour éviter la conservation de la maladie dans le sol est suffisant.

1. Les taches noires ou le marsonina.

Tâches noires - Maladies des rosiers

Le marsonina est un champignon pathogène qui se développe principalement sur feuillage humide et à température moyenne. C’est au printemps et en fin d’été que les conditions sont idéales pour son développement. Malheureusement pour nous, ce champignon pathogène se développe de façon invisible et bien souvent, lorsque le symptôme bien connu des taches noires apparaît sur le feuillage de votre rosier en début d’été, il est déjà trop tard et c’est la chute des feuilles.

La meilleure solution pour lutter contre la maladie des taches noires est préventive. Dès l’apparition des premières feuilles en mars, pulvérisez au choix : une bouillie bordelaise, une décoction de prêle ou un purin d’ortie. Même si l’application de cuivre à grande échelle n’est pas recommandée pour la vie du sol, si elle est utilisée avec raison, la bouillie bordelaise a prouvé son efficacité contre les maladies cryptogamiques sans engendrer de grandes conséquences pour la faune et la flore. La fréquence d’application de vos bouillies ou purins dépendra de la météo. La bouillie étant rapidement lessivée par la pluie, il faudra alors réitérer cette application.

Si vous n’avez pas pensé à faire vos traitements préventifs et que les premières taches noires apparaissent, supprimez au plus vite les rameaux atteints et pulvérisez une bouillie sur le reste du feuillage sain. Il est important de nettoyer et d’éliminer le feuillage atteint par le marsonina car le champignon se conserve tout l’hiver dans le sol et reviendra au printemps suivant.

2. L’oïdium

Oidium - Maladies des rosiers

Autre maladie cryptogamique bien connue chez le rosier, l’oïdium préfère les temps secs avec des amplitudes thermiques importantes. Son développement est au plus fort de juin à l’automne.

Tout comme pour les taches noires, son développement est invisible. Quand les premiers symptômes de poudre blanche apparaissent sur le feuillage, il est trop tard et les feuilles tombent.

La bouillie bordelaise appliquée en début de printemps sera déjà un bon préventif, mais nous vous conseillons d’appliquer en mai-juin une bouillie à base de soufre. Le soufre est très efficace contre l’oïdium, il est par exemple utilisé par les viticulteurs bios sur la vigne. Vous le trouverez dans le commerce sous forme de poudre jaune à dissoudre dans l’eau. Comme pour les taches noires, en cas d’oubli de traitement préventif, éliminez le feuillage atteint et pulvérisez du soufre sur le reste du feuillage sain. Attention là aussi, la maladie peut se conserver dans le sol via les feuilles tombées.

Il existe des résultats probants en lutte bio contre l’oïdium avec l’utilisation de lait, d’oseille, de prêle et même avec le célèbre Bicarbonate (qui sert vraiment à tout.). Nous vous laissons découvrir par vous-même les recettes alternatives au soufre.

3. La rouille du rosier (Phramidium mucronatum)

Rouille : maladie du rosier

Très facile à reconnaître avec ses reconnaissables petites pustules oranges sous la feuille, la rouille du rosier peut aussi faire chuter les feuilles de vos roses préférées. En cas de forte attaque, c’est une poudre orange qui recouvrira la tige du rosier. Comme dans les autres maladies décrites plus haut, au printemps elle se disperse de façon invisible et attaque dans un deuxième temps. Le traitement préventif reste l’intervention la plus efficace contre cette maladie. Purin de prêle et d’ortie seront vos alliés pour combattre la rouille. Pensez à bien nettoyer les branches atteintes et les feuilles tombées, car la maladie se conserve dans le sol.

4. Le mildiou du rosier

Mildiou : maladie du rosier

On parle plus souvent du mildiou pour la tomate que pour le rosier. Pourtant si les conditions sont rassemblées pour son développement, c’est-à-dire, humidité constante du sol et mauvaise aération, le mildiou peut s’avérer redoutable et une des rares maladies pouvant entraîner la mort de votre rosier. La propagation de la maladie est très rapide. Les premiers symptômes sur feuille sont des taches violacées avec au cœur une tache d’huile, puis la chute des feuilles. Dans un deuxième temps, un noircissement des tiges apparaît. Si la maladie finit par atteindre le point de greffe de votre rosier, il est quasiment perdu.

En prévention, veillez tout simplement à ne pas planter de rosiers aux endroits les plus humides et mal ventilés de votre jardin. La bouillie bordelaise, décoction de prêle et d’ortie sera aussi un bon partenaire pour prévenir de l’apparition du mildiou.