L'entretien des rosiers

Les rosiers comme tous êtres vivants « mangent et boivent ». 
Certes, vous n’allez pas les faire fleurir avec du rôti et un verre de vin rouge !!! 
Mais comme pour nous, une bonne santé rime avec une alimentation équilibrée.

Un excès d’eau ou d’engrais peut causer des dommages importants chez les plantes, comme le sucre ou le gras le ferait chez nous.

Il faut que j’arrête mes métaphores, j’ai l’impression d’être le docteur Cymes du rosier… Voyons plutôt quel régime alimentaire convient le mieux à vos rosiers.

Comment entretenir un rosier ?

1. L’arrosage

Même s’il est fondamental de surveiller l’arrosage de son rosier la première année, il est capital, si vous ne voulez pas être asservi à la corvée d’arrosage, de faire prendre de bonnes habitudes à vos rosiers.

Les rosiers ont des racines plongeantes qui peuvent descendre aisément jusqu'à 50cm sous le sol. Les rosiers ne seront pas les premiers végétaux à souffrir du sec. Le but de vos arrosages est de forcer le rosier à chercher l’eau par ses propres moyens. Oubliez les petits arrosages quotidiens, ils auront pour conséquence le développement de radicelles à la surface du sol. Un tel système racinaire sera toujours dépendant de vos apports en eau. Si vous partez en vacances durant une canicule, le rosier risque d'en souffrir.

La bonne méthode est d’organiser des arrosages copieux (au minimum un arrosoir par pied), mais bien espacés. De cette façon, l'eau que vous versez descendra plus profondément dans la terre et les racines du rosier s’accroîtront en conséquence.

Un paillage est un bon complément pour limiter les arrosages, mais pas n’importe lequel, nous le verrons plus bas.

2. L’engrais

Taille des rosiers arbustifs

Fumure organique ou chimique, nous avons une préférence pour l’organique. Les engrais organiques, qu’ils soient sous forme de granulés ou de fumier, ont l’avantage d’être très complets et de libérer les éléments essentiels à la plante sur une longue période.

Aujourd’hui le commerce spécialisé vous offre la possibilité d’avoir des engrais organiques en granulés (utilisables en agriculture bio). Sous cette forme, l’engrais est facile à appliquer autour du pied des rosiers et vous évitez les déconvenues odorantes du fumier…

C’est ce type d’engrais que nous utilisons pour nos rosiers pleine terre à la pépinière. Difficile de vous donner les doses exactes, elles sont différentes selon les fournisseurs. En général, une poignée une fois par an suffit (au printemps).

Attention si vous utilisez un fumier de cheval ou de volaille : il doit absolument avoir été composté au moins 2 ans au risque de brûler les racines s'il est trop frais. Dans le cadre d’un fumier, un apport tous les deux ans est suffisant.

3. Paillage des rosiers ou binage ?

Ces dernières années beaucoup de pratiques agricoles alternatives se sont développées. Nous pensons notamment à la permaculture. L’un des principes fondateurs est de ne jamais laisser un sol nu au risque de voir la terre se dégrader dans sa structure tout comme la vie animale et microbienne qui s'y trouve. Nous vous conseillons un paillage naturel. L'utilisation de bâches plastiques sur les rosiers donne souvent de mauvais résultats (maladie de feuillage) mis à part pour quelques rosiers couvre-sol hyper résistants.

Le paillage naturel a plusieurs avantages :

  • il limite les arrosages et laisse respirer le sol (attention à l'épaisseur du paillage)

  • il nourrit les rosiers et les organismes du sol

  • il limite le désherbage

Taille des rosiers arbustifs

Le paillage limitera vos arrosages, ce qui est un atout dans les régions sèches. Attention cependant dans les régions humides lorsque vous paillez, pensez a dégager le pied du rosier afin que l’humidité ne stagne pas trop. Des maladies comme la tache noire (marsonia) ou le mildiou pourraient alors apparaître.

Les paillages naturels finissent par se dégrader avec le temps. Cette dégradation nourrira le sol d’éléments nutritifs. Le temps de dégradation et le renouvellement du paillage dépendront de la nature de ce dernier. La tonte de pelouse sera très rapidement dégradée alors qu’un broya (BRF) peut mettre plusieurs années.

L’un des atouts du paillage que nous affectionnons particulièrement, est de ne plus désherber au pied des rosiers buissons ou encore mieux sous un rosier couvre-sol aux épines acérées. Celui qui a mis sa main sous un rosier pour désherber nous comprendra…

Pour un bon résultat concernant le désherbage, une épaisseur de 3 à 5 cm est nécessaire. Attention, si votre paillage est trop épais, votre sol ne pourra plus respirer, l'eau risque de stagner, et les êtres qui colonisent la terre vont disparaître.

Quel type de paillage utiliser ?

Tonte de pelouse, paille, chanvre, lin, broya de feuillu... la liste est longue. Attention toutefois au ph de votre paillage. Ce dernier ne doit pas trop acidifier votre sol (évitez absolument les résineux).

Autre remarque, si vous possédez un broyeur, ce qui s’avère un très bon investissement, la première année le broya de rameaux fragmentés ou BRF exerce ce que l’on appelle une remontée d’azote. Dans son processus de dégradation, le BRF va littéralement absorber l’azote du sol. Pour contrer ce phénomène, il faudra avant sa mise en place bien enrichir votre sol d’un engrais organique. Vous éviterez ainsi le jaunissement des feuilles du rosier (dû au manque d’azote). Au cours de la deuxième année, la dégradation du paillage redistribuera cet azote capté la première année et vous n'aurez donc plus ce problème au prochain renouvellement de votre paillage. L’intégration du paillage dans le sol va véritablement le nourrir. Vous pourrez ainsi limiter les apports d’engrais. Un simple compost maison ou un engrais organique utilisé de temps en temps suffiront.